Persona, ae
Abbaye aux Dames, 1er au 30 mai 2010, Caen

Certains hommes détenus, il y a deux ans, ont accepté de rencontrer le regard de Cécile Raynal, avec la sculpture comme interface, objet corps, objet du désir, sujet incarné… Que pouvait-il s’inscrire dans cette oeuvre reconnaissable, un bruissement de leur être ? Ou quelque chose de mystérieux, entre le nom et l’image…
Dans cet atelier éphémère, dans ce lieu improbable, la prison, le dedans du corps s’est travaillé sans aucune censure.
(...)
Quelle représentation possible ? La représentation, au sens étymologique, n’est que le retour de ce qui est présenté ; en elle, le présent dévoile son paradoxe qui est d’avoir déjà eu lieu.
La mesure de l’oeuvre de Cécile Raynal ne réside pas que dans sa finalité mais dans le travail qu’elle expose. Au fur et à mesure que l’oeuvre se fait, sa fin se transforme, dit Roland Barthes. Certains gestes artistiques affirment, d’autres interrogent, mettent en perspective, transforment le regard en écoute, une écoute vivante, vibrante, qui alerte, déchiffre ou reconnaît.
J’aime relire Camille Laurens pour qui regarder, c’est esgarder, avoir des égards pour quelqu’un, c’est aussi garder… le regard est une réponse, une responsabilité et nous garde souvent de la barbarie.

Anne Marie Husson 2010,
extraits du catalogue Persona,ae : acteur, personne

 
     
 
       
    Interview:
France Inter
mai 2011